Dans un entretien avec le Soleil, le directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix), Bakary Séga Bathily, revient sur les enjeux de la phase III du Train express régional (Ter) allant à Thiès et Mbour et les perspectives du transport ferroviaire au Sénégal.
Selon le Directeur général de l'Apix, la troisième phase du Train Express Régional constitue l’une des prochaines grandes ambitions ferroviaires du Sénégal. Par son ampleur, sa technicité et les enjeux qu’elle soulève, elle sera comparable aux plus grands projets d’infrastructures réalisés dans notre pays. Cette nouvelle étape nécessitera la réalisation d’une infrastructure ferroviaire traversant plusieurs territoires, avec des défis importants sur les plans technique, environnemental, foncier, social et financier. L’un des acquis majeurs est que le projet est déjà entré dans sa phase préparatoire.
L’État du Sénégal a obtenu un financement de près de 10 millions d’euros, soit environ 6,5 milliards de FCfa, mobilisés auprès de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (Afd). Ces ressources permettront de financer les études techniques, environnementales, socio-économiques ainsi que la préparation des futurs appels d’offres. La procédure est d’ores et déjà engagée avec le lancement de l’avis à manifestation d’intérêt. Au-delà de sa dimension technique, cette troisième phase marque un véritable changement d’échelle. Après avoir relié Dakar à Diamniadio puis à l’Aéroport international Blaise Diagne, l’ambition est désormais de prolonger le Ter vers Thiès, puis Mbour et, conformément à la vision du président de la République, d’étudier son extension vers Touba. Le Ter évoluerait ainsi d’un réseau métropolitain vers un réseau ferroviaire interrégional, structurant la mobilité nationale et reliant les principaux pôles économiques, industriels, universitaires et touristiques du pays. Cette perspective s’inscrit pleinement dans l’Agenda « Sénégal 2050 », qui fait du rail un levier majeur d’aménagement du territoire, de compétitivité économique et de cohésion nationale, a déclaré M. Bathily.
Phase II du TER : Diamniadio à AIBD Selon M. Bathily, la mise en service prochaine de la phase II renforcera considérablement l'exploitation du TER : 22 rames en circulation, contre 15 auparavant ; un train toutes les 8 minutes entre Dakar et Diamniadio aux heures de pointe ; une desserte de l'AIBD toutes les 25 minutes environ ; une meilleure capacité, une régularité renforcée et un confort accru pour les usagers. Le Ter franchit ainsi un nouveau cap et confirme son rôle de colonne vertébrale du transport collectif de masse, au service de la mobilité des populations et du développement économique du Sénégal.